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Jef Bouygues Auteur - Page 5

  • Bilan du concours de Nouvelles Carrefour-Labyrinthes

        Le verdict est tombé courant décembre, les cinq lauréats du concours sont :

    1- Le secret du Cardinal (Anne-Laure Morata)
    2- La reine de Pique
    (Abel Russo)
    3- L'escale forcée de Bandipour
    (Bernard Medvedeff)
    4- Journal d'un majordome
    (Vincent Pelletier)
    5- L'enfant de Floréal
    (François Kuss) 

    BRAVO à eux...

    Ma nouvelle, « Le Mystère du Plateau d'Argent » a terminé entre la 5e et la 10e place.

    Je suis - il va sans dire, globalement satisfait de cette participation, car c'était la première fois que je me lançais dans cet exercice périlleux qu'est l'écriture d'une nouvelle. D'autre part, le sujet que je souhaitais traiter dans un roman ou un scénario consacré à Nostradamus est désormais tout trouvé...

     

    Comme qui dirait, y a plus qu'à... !

     

    Je tiens également à remercier ici tous les lecteurs qui m'ont soutenu par leur vote sur le site du concours, et qui pour grand nombre d'entre eux m'ont félicité pour ce texte tout à la fois, je cite mes lecteurs : « original, intriguant, juvénile, truculent, un tantinet théâtral, amusant, cocasse, et mystérieux »...

     

    J'essaierai de faire mieux la prochaine fois, encore que, je commence à douter de pouvoir un jour inscrire mon nom à un quelconque palmarès, car pour me définir, je suis il me semble un auteur plutôt atypique; peut-être un peu trop en dehors des sentiers battus, mais on ne se refait pas, j'aime trop les contre-exemples et tout ce qui est « raisonnablement » hors-norme...  Cependant, je ne désarme pas... mes « histoires » sont bien vivantes dans un recoin du cervelet et j'ai du travail pour de longues années encore, que ceux qui croient en moi soient rassurés... !

     

    MERCI encore une fois...

    Jef Bouygues

  • Concours de Nouvelles : Je suis pré-sélectionné !

    Dans le cadre du Concours de Nouvelle organisé par les Éditions du Masque et Carrefour, ma nouvelle intitulée « Le Mystère du Plateau d'Argent » vient d'être pré-sélectionnée ! Elle est actuellement en ligne sur le site du concours ! Les 20 meilleures nouvelles sont maintenant soumises au vote des internautes.

     

    Les 10 nouvelles ayant obtenu le plus de suffrages seront ensuite soumises au Jury du concours qui retiendra au final 5 textes. Ces derniers seront publiés par les Éditions du Masque, dans la collection Labyrinthes.

    Alors SVP, j'ai besoin de vous ! Votez pour moi !

    Pour voter sur le site du concours, c'est ici

     
     

        Le thème du concours étant « Mystère et intrigues dans l'Histoire de France », j'ai choisi le XIVe siècle et les deux personnages emblématiques et indissociables de cette période, à savoir Catherine de Médicis et son astrologue Nostradamus.

     

    Après la publication des Prophéties de Nostradamus (1555), la reine Catherine de Médicis, férue d'astrologie, fut troublée par une prophétie de Nostradamus qui prédisait la mort du roi tué par une lance lui transperçant l’œil au cours d'un tournoi. Craignant qu'il ne s'agisse de son mari le roi Henri II (Fils de François 1er), elle voulut impérativement rencontrer cet astrologue. Nostradamus reçut l'invitation royale, mais il mit plusieurs mois pour y répondre favorablement, presque un an peut-être (ces données historiques sont assez imprécises). Une fois arrivé à Paris, un autre flou historique laisse supposer que Nostradamus aurait été introuvable durant 12 jours... ou du moins, durant ces 12 jours personne ne sait réellement où il se trouvait exactement, ni ce qu'il a fait. Il aurait prétexté une crise de Goutte (maladie dont il souffrait, cela est avéré). Ce n'est qu'après ces douze jours, qu'il s'est manifesté auprès de sa Majesté Royale.

     

    Ce sont donc sur ces 12 jours de la vie de Nostradamus que j'ai composé ma Nouvelle. L'absence de certitudes historiques sur ces 12 jours m'a bien évidemment permis de donner libre cours à mon inspiration, même si, comme je le dis toujours, ce sont les personnages qui me guident et, en un sens, sont la main qui tient la plume.

     

    5d1820b580a9afedcba55ed66905a17d.jpgLe « Mystère du plateau d'argent », la première page : 

     

    Aussi soudainement que jaillit du ciel le feu divin, les sangs de la reine de France se glacèrent de stupeur. Catherine de Médicis referma alors le recueil qui demeurait immobile dans sa main d’albâtre. Opérant devant ses yeux pétrifiés une danse frénétique et insoutenable, les mots qu’elle venait de lire plongeaient son esprit dans d’étranges tourments. « Dans cage d’or, les yeux lui crèvera : Deux classes une, puis mourir mort cruelle. » C’est alors qu’en un éclair, les battants de la fenêtre de la chambre s’ouvrirent violemment en claquant de tout bois. Sous les assauts de l’impétueuse bourrasque qui déferlait par l’ouverture ainsi béante, le candélabre rougeoyant posé sur la table de travail tournoya, bascula et finit sa chute en embrassant le plancher. La pièce sombra aussitôt dans une semi-obscurité lugubre.
    À la faveur de l'astre au front d'argent qui brasillait sur les vitraux de la fenêtre, la silhouette de Catherine de Médicis balaya la troublante pénombre, et sa voix s’éleva, marmoréenne et rauque :
    « Je veux le rencontrer… il faut qu’il vienne ici à la Cour… le plus tôt sera le mieux ».
    Au même instant, cette nuit-là, à deux cents lieues de Paris, au cœur de la Provence, par la fenêtre ouverte d’une maison de village, un médecin astrophile déployait toute son énergie à fixer les reflets de la lune sur un plateau d’argent.

     

     

    Le « Mystère du plateau d'argent », autre extrait : 

     
        —    Pour quelle raison, Monsieur, me regardez-vous ainsi avec insistance ? avait fini par demander l'astrologue à l’encontre du jeune intrigant qui occupait la table voisine.
        —    Moi, je vous regarde avec insistance ? s’étonna le jeune homme.
        —    Cela ne fait aucun doute à mes yeux.
        —    Eh bien, vous devriez vous méfier de vos yeux, ils vous jouent des tours, souligna ironiquement le gentilhomme en posant son verre de vin.
    Le médecin astrologue sourit en baissant le regard sur son écuelle.
        —    Voyez-vous, vous êtes bien loin du compte, jeune homme. En revanche, si j’étais vous, je me méfierais comme vous dites, de certaines ombres de la nuit…
        —    Ah, et que voulez-vous dire par là ? s’enquit Monsieur de Fondel, un rictus au coin de la bouche.
    Le médecin s’approcha lentement de son interlocuteur et lui murmura à voix basse :
        —    Vous devriez savoir, Monsieur, vous plus que tout autre, que la nuit est l’âtre maléfique où vagabondent le spectre d’Astaroth et ses ombres… Aussi je vous en conjure, prenez garde des ombres, c’est un conseil que je vous donne.

     

  • Avis aux Éditeurs

    Mes trois romans sont actuellement en comités de lecture chez 16 Éditeurs... 

    Confiant ou non, comme pour les résultats du Bac, d'un concours ou d'un casting, l'attente est intenable, atroce, mais en même temps chargée d'espoirs, et de « certitude » du devoir accompli...

    Mais s'il y a une chose que je sais, c'est que je trouverai l'Éditeur que j'attendais jusqu'à maintenant, je le trouverai car je ne l'attends plus, je le cherche précisément, je le secoue sans plus finir, je le Réveillerai si besoin...

    b7662e88ac2ef1dc727a0e41d2efa8b1.jpg« Rien ne s'accomplit dans ce monde sans passion » (Hegel)

     

     

  • Littérature

    Trois romans à découvrir :
     
     
     
    « Au Bord des Cendres »

    L’histoire :

    Un récit attachant, poignant, une histoire magnifiquement racontée.

    COUV_cendres_LNA.jpgNovembre 1994. Vincent, meurtri par la vie, part à la recherche de sa grand-mère, Valentine, perdue depuis juin 1944. Il finit par la retrouver dans un hôpital psychiatrique. Commence alors un étonnant voyage dans le temps, entre 1936 et 1944.
    Une saga familiale conduite par les destins croisés de deux sœurs, Valentine et Susie.
    Une chronique villageoise, entre bonheurs et souffrances, entre amour et trahison, au cœur d'une époque mouvementée et sombre, celle du régime de Vichy, de l'Occupation et de la Résistance.
    Une galerie de personnages authentiques... un crescendo captivant et un dénouement bouleversant.

    Un roman magistral plébiscité par un comité de lecture grand public...

    "L'auteur a réussi à faire d'une histoire mainte fois présentée un véritable récit en forme de poupées gigognes, une reconstruction éblouissante  et un suspense haletant qui monte en puissance tout au long du livre"
    Laurent, 35 ans, Loire Atlantique

    "Un exploit de parvenir à ce qu'une multitude de personnages marque à ce point l'esprit du lecteur. Du beau boulot" Danielle, 38 ans, Essonne

    "Ce livre est le meilleur que j'ai lu depuis un bon moment. Tout y est : l'histoire, le style, le rythme... À lire et méditer pour les générations qui n'ont pas connu cette période de notre histoire"
    Françoise, 53 ans, Gironde

    "Un livre excellent, qui a su m'attendrir aux larmes !" Patrice, 43 ans, Haute Garonne

    "Beaucoup d'aspects psychologiques, beaucoup d'émotion. Amour, jalousie, horreur, trahison, tout y est"
    Christine, 46 ans, Loir et Cher

    Roman de l'été 2009. Le gagnant du Grand Prix Femme Actuelle.
    Jean-François Bouygues, 44 ans, habite dans le Sud-Ouest de la France. Ancien élève du Cours Florent, et passionné de cinéma et de théâtre, "Au bord des cendres" est son premier roman.

    Son format : 13,5 x 21 cm / 520 pages

    Date de parution : 13 mai 2009

     

    « Personne ne Bouge, Police ! »

    est une comédie policière


    L'histoire :
    Adolf de La Ponce-Cadourg, richissime financier septuagénaire, est assassiné dans sa villa d'Auteuil. Deux agents de Police, le commissaire Gilles Haurey et l'inspecteur Marco Roedam, medium_castel_rey.jpgse chargent de l'enquête lorsqu'un mystérieux individu dénommé Nestor Pignon surgit tout à coup en prétendant être l'assassin. Cependant le commissaire Haurey se refuse de céder à la facilité et considère néanmoins tous les occupants présents à l'heure du crime comme des suspects en puissance : l'épouse de la victime, Mariette, 30 ans, fatale et démoniaque; Paul Trousscohl, artiste raté et amant de la jeune veuve; Clovis de La Ponce-Cadourg, petit-fils maudit du défunt; Virginie Rupt, amie cupide de Mariette; son mari, Sébastien Deyley, fougueux et arriviste; sans oublier Richard Landolfy, l'homme de main de la victime. Lorsque Nestor Pignon se met à semer la confusion, la situation évolue alors de telle sorte qu'à grands coups d'accusations et de règlements de compte personnels, tout ce beau monde va se suspecter et finir par s'accuser en se désignant les uns les autres comme unique et véritable meurtrier, et ce, jusqu'au dénouement final.

     

     

    « À côté de vivre »

     

    L'histoire ne peut être à ce jour totalement dévoilée, mais voici un premier aperçu :

    medium_vivre.jpg

    Endo était en plein tournage du film dont toute la presse cinématographique parlait, pour être le film le plus attendu de l’année, réalisé par le metteur en scène le plus en vogue du moment : l’histoire simple et belle d’un amour impossible et dont le sacrifice de l’héroïne redonne la vie à son héros. Le film avait pour titre « À côté de vivre » et le sens de ce titre pouvait être illustré par la citation suivante, « À côté de vivre » veut dire « vivre à côté de la vie »

  • Répliques de « L'homme qui rêvait d'ailleurs »

     
    LES PLUS BELLES REPLIQUES de « L'homme qui rêvait d'ailleurs »

    - J’ai l’impression que mon corps n’a pas assez de place pour t’admirer, t’écouter, pour tout aimer de toi. Je pourrais passer ma vie entière à côté de toi sans jamais te toucher, ça serait quand même du Bonheur ! (Mado à Endo, chapitre 44)
     
    - Y en a que ça les tuerait de passer à côté de tout. Le désespoir les pousserait à se jeter par la fenêtre de l’éternité. Endo ça ne le tuera pas. Jamais. (Mado à Paloma, chapitre 54)
     
    - Écoutez, ne prenez pas ces grands airs avec moi, ou je vous administre une paire de claque des plus convaincantes ! (M. Berthier à Mado, chapitre 23)

    - Y a rien à dire, c’est du passé. C’est fini et enterré… et moi avec. N’en parlons plus, les funérailles sont terminées. (Endo à Mado, chapitre 49)
     
    - Donc ton corps se doit d’être un accompagnement. Un prolongement de l’âme, d’accord ? (Frédéric à Isa, chapitre 26)
     
    - Oh tu sais chez moi, on ne risquait pas de chiper la Une de France Dimanche à la famille de Monaco ! (Mado à Endo, chapitre 48)

    - La difficulté avec toi, c’est que tu n’as pas l’air de comprendre que tu seras ce que tu veux être. Alors réfléchis bien à ce que tu veux être. Je n’ai rien de plus à ajouter, ni de mieux à te dire. (Frédéric à Endo, chapitre 32)

    - Partout où je passe, après c’est le bordel, ça date pas d’hier, ç’a toujours été comme ça. Emmerdeuse de première, voilà ma vocation véritable. (Mado à Paloma, chapitre 54)

    - Je veux faire du théâtre parce que je veux vivre enfin. Pleinement. Vous entendez ? Je veux Vivre. Je veux sentir ma chair trembler et mon cœur vibrer. Jusqu’à maintenant, je n’ai fait que douter de leur présence, et pire encore, de leur utilité. Alors que je voudrais tant ressentir enfin l’être qui est en moi. Pouvoir lui donner corps. (Pascal à Frédéric, chapitre 26)
     
    - Tu sais Endo, j’ai la désolante sensation que ceux qui veulent devenir artistes, c’est parce qu’ils sont mal partout. Et j’ai bien peur que tu seras mal, où que tu ailles. (Isa à Endo, chapitre 40)

    - Tu vois comme toute cette histoire se résume finalement à une banale conjugaison de verbes. L’amour était en vous, je n’ai fait que le dépoussiérer, rien de plus. Rien de bien extraordinaire. (Mado à Paloma, chapitre 56)

    - Et ta main sur ma cuisse, c’est du poulet ? (Endo à Mado, chapitre 49)
     
    - J’ai jamais vu une calamité pareille. Elle a été greffée sur un concombre cett’fille, c’est pas possible ! (Isa à Endo, chapitre 40)

    - Je veux savoir qui je suis. Qui je suis vraiment. Et pas seulement celui que tout le monde pense que je suis. C’est tellement plus commode de se mentir à soi-même, pour ne plus avoir le regret et la douleur de devoir mentir aux autres. J’en ai assez de me mentir. De me cacher derrière un masque. Je veux être Moi. C’est ça, le théâtre ; ou du moins l’idée que j’en ai. C’est faire tomber les interdits et retirer ce masque que j’ai lâchement accepté de porter. Me montrer tel que je suis… pas par plaisir ou par fierté, ça je m’en moque. Mais pour le plaisir et la fierté de me sentir réellement vivant. (Pascal à Frédéric, chapitre 26)
     
    - Pourquoi Endo ? En quoi est-ce un crime ou un délit d’aimer quelqu’un ?
    - Ce n’est ni un crime ni un délit, certes. Mais tu es trop envahissante, tu m’étouffes. Tu m’empêches de respirer et donc de vivre. (Mado, Endo, chapitre 53)
     
    - Tu vois comme la vie est bizarre... Je voulais être acteur et je finirai peut-être éleveur de chèvres en Lozère. (Endo à Isa, chapitre 40)
     
    - Allez, marche donc au lieu de glousser comme une dinde !
    - Dis donc mon lapin, pour une fois que je visite la campagne, laisse-moi respirer l’air des vaches ! Y a pas le feu au lac, elle s’oxygène la dinde ! (Endo, Mado, chapitre 44)
     
    - Soigner les bobos des autres… Quel beau métier. (Mado à Paloma, chapitre 54)
     
    - Tu passes ton temps à jouer des rôles dans ta vie. C’est ça, ton problème. Et quand on joue des rôles dans la vie, Endo, on ne peut pas les jouer au cinéma. (Chris à Endo, chapitre 36)
     
    - Alors sache bien, que pour moi, l’amour et l’amitié, c’est pareil, ma poulette. La seule différence entre les deux, c’est le sexe. Et c’est ça qui fout le bordel, tu entends ? Pour vivre heureux, il faut vivre seul. (Endo à Mado, chapitre 48)
     
    - C’est un balèze ?
    - Tu rigoles ? Si j’y fous une beigne, il fait trois fois le tour de son slip sans toucher l’élastique.
    (Sam, Endo, chapitre 18)
     
    - Bravo pour le casse-bouteille, maintenant tu vas pouvoir jouer au juste prix avec l'addition. (Endo à Mado, chapitre 50)
     
    - C’que j’appelle une montgolfière humaine, ce sont tous ces hommes et femmes qui ont la caboche gonflée de rêves, comme une montgolfière. Sauf que c’est pas de l’air chaud qui les font s’élever ; ce sont les rêves. Endo, rien n’est plus beau qu’une montgolfière. C’est léger, c’est libre, ça monte dans le ciel et ça plane à dix mille…
    - Et parfois même, ça redescend. Et ça s’est déjà vu que ça s’écrase au sol !
    (Mado, Endo, chapitre 39)
     
    - Tu dois avoir des choses à dire, je présume ? Faire du théâtre, ce n’est pas seulement apprendre un texte, et le jouer comme ça, sans trop de risque, du mieux que l’on peut certes, mais sans se vider les tripes, sans s’arracher. (Frédéric à Pascal, chapitre 26)
     
    - Tu vois, je suis comme ce briquet, et la flamme c’est ma connerie. Un coup elle s’allume, un coup elle s’éteint, et rien n’y changera, car l’un ne va pas sans l’autre. (Endo à Isa, chapitre 40)

    - Des ennuis, rien que des ennuis ! Tu trouveras rien d’autre avec tes foutus projets ! Mais bon sang, qu’est-ce que t’as dans la tête mon fils !
    - De l’or ! Qui ne demande qu’à briller !
    - De l’or ? ricane-t-elle. Écoute donc ce proverbe grec : si tu gagnes de l’argent à parler, tu gagnes de l’or à te taire. Alors, pitié, tais-toi au lieu de dire des sottises. C’est pas de l’or que t’as dans la tête, mais des papillons !
    (Mamma, Endo, chapitre 18)
     
    - Je suis aux toilettes M. Berthier. M’autorisez-vous au moins à remonter ma culotte, ou dois-je réellement sortir immédiatement ? (Mado à M. Berthier, chapitre 23)
     
    - C’est bientôt sept heures. On est en retard !
    - Mais non, puisque là, si je regarde ma montre, voilà, il est sept heures moins dix ! Donc, on n’est pas en retard !
    - Si, justement ! D’habitude, je suis toujours en avance, alors aujourd’hui pour moi forcément, je suis en retard.
    (Endo, Mado, chapitre 40)
     
    - Ce qu’on te demande ici, c’est de jouer, rien de plus. Tu comprends Endo ? On ne te demande pas si t’es heureux ou pas, ça mon ami, excuse-moi d’être vulgaire, on s’en tamponne, ce qu’on te demande c’est de jouer. D’accord ? (Frédéric à Endo, chapitre 32)

    - Il était assis derrière sa vitre, silencieux, un sourire abîmant ses lèvres. Il m’a laissée sans un « adieu », sans un « je t’aime »… sans rien. Moi j’étais là, sur le quai, comme morte. J’étais morte de chagrin, de honte… morte de tout. Il m’a tuée. Je ne pourrai jamais oublier ce train qui partait. (Paloma à Mado, chapitre 54)
     
    - Évite les fautes, Endo. Non par crainte, mais parce que tu le dois. Tu m’entends ? N’oublie jamais ça. (Mamma à Endo, chapitre 11)
     
    - Les routes sont parfois longues et sinueuses, et ne mènent pas toujours là on croit qu’elles mènent. Par exemple, hier, j’ai pris ma voiture, et j’ai suivi la route, justement ; et là où je pensais qu’elle allait me conduire, eh bien elle m’a entraîné ailleurs.
    - Qu’est-ce que tu racontes ? j’te suis pas…
    - Ce que j’essaie de t’expliquer, c’est que le problème, c’n’est pas tant les routes, ni même parfois là où elles conduisent, mais plutôt ce qu’on y trouve au bout ; et parfois ce qu’on n’y trouve pas.
    (Endo, Baloo, chapitre 9)
     
    - Eh bien, ton histoire de cousine. Parce que, bon… je ne suis pas sûre d’y arriver à jouer le rôle de la cousine de province qui vient pour la première fois en vacances à Paris. Je ne suis pas comédienne, moi.
    - T’inquiète pas, va, t’auras qu’à rester nature. Même pas besoin de forcer le personnage. La profondeur intersidérale de ton regard d’autruche qui scrute l’horizon vide sera parfait.
    (Mado, Endo, chapitre 40)

    - Tu n’as pas oublié le train et lui n’a pas oublié le quai. Tu vois comme tout est déjà prêt pour vos retrouvailles. Il lui reste à prendre le bon train, et à toi de l’attendre sur le bon quai. Quant à la locomotive, c’est moi qui vais la conduire… et tout se passera bien. (Mado à Paloma, chapitre 54)
     
    - Mais avant, je vais t’apprendre à canaliser ton énergie et ton jeu. Un comédien doit d’abord contrôler son jeu. C’est aussi important que de connaître son texte. Tu dois prendre conscience de ton corps et de ton jeu. (Frédéric à Endo, chapitre 32)

    - Tu parles. Ça dure c’que ça dure. C’est comme l’envie de vomir ou d’accoucher, tu peux dire « Vas y retiens-toi », moi je te réponds : « Retiens, retiens toujours ! », et puis hop, ça sort ! (Mado à Endo, chapitre 48)
     
    - Ce n’est pas ce que l’on dit ou ce que l’on fait qui est important… C’est d’aimer.
    - Jeune fille, sachez que bien avant vous… j’ai aimé. Et que me reste-t-il de cet amour ? Rien d’autre que d’inoubliables chagrins… Et un vide immense, un vide terrifiant. Voulez-vous que j’vous dise ? : j’ai gâché ma vie.
    - Gâchée ou non, il me semble qu’il faut la vivre. Coûte que coûte.
    (Mado, Mamma, chapitre 52)

    - Pour avoir une femme dans sa vie, faut en avoir envie. Or moi, je n’ai pas envie d’une greluche qui me lèche la figure toute la sainte journée. (Endo à Mado, chapitre 49)
     
    - C’est très gentil à toi de m’aimer. Non mais vraiment je le pense. Mais ton amour me tue, tu comprends ? Je n’ai rien à te donner. Je ne peux rien te donner. (Endo à Mado, chapitre 53)
     
    - Ma place était là-bas, dans mon pays. Il a fallu que je vienne ici pour le comprendre. Ça me fait penser à cette phrase sublime de Brando, qui a dit un jour : « Je voudrais tant être ce que j’étais quand je voulais être celui que je suis devenu » (Endo à Isa, chapitre 40)
     
    - Non, effectivement, ce n’est pas un rendez-vous arrangé juste comme ça, comme tu dis. C’est mieux que ça : c’est ce qu’on appelle la Providence. Faut y croire. Voilà tout. (Mado à Paloma, chapitre 54)
     
    - Dans mon pays en Grèce, il y a un proverbe qui dit ceci : Fais ce que tu sais être honnête, sans en attendre aucune gloire. (Mamma à Mado, chapitre 52)
     
    - Quand on n’a pas d’enfant, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre ! c’est du Marcel Pagnol. C’est Alida Rouffe qui dit ça dans Fanny. Cet homme-là était un génie.
    - C’est vrai, mais voyez-vous, c’est exactement pareil pour les parents…
    - Comment ça les parents ?
    - Eh bien, quand on n’en a pas ou qu’on les a perdus, on donnerait sa vie pour les retrouver, et quand on en a, au mieux ils nous rendent la vie impossible, et au pire ils nous la pourrissent. Et je sais de quoi je parle. Ça, c’est du Mado. Dans une autre histoire.
    (Mamma, Mado, chapitre 52)
     
    - Moi ? Eh bien, je vais vivre. Je vais m’effacer et puis vivre. Tout simplement. Qu’y aurait-il d’autre à faire que vivre ? (Mado à Paloma, chapitre 56)
     

  • « À côté de vivre »

    Mercredi 7 février 2007, 20h30, mon troisième roman « À côté de vivre » est bouclé. Il comporte 7 chapitres. Merci le chiffre 7 !

    Mercredi 14 mars 2007, « À côté de vivre » est définitivement achevé.

     

    L'Histoire :

    Une nuit d’été, dans le métro, Endo est seul sur le quai; il est quasiment l'heure de la fermeture du Métropolitain. En attendant l'arrivée d'une rame qui semble ne jamais vouloir venir, il est assis, le regard dans le vide. Endo est un apprenti comédien, une âme à la dérive... à la poursuite de ses rêves, mais sans jamais parvenir à les atteindre…
    Arrive soudain une fille qui rumine des chewing-gums au menthol, Madeleine, 20 ans, longues jambes, bas résilles, short en jean's effiloché aux extrémités, tee-shirt rose, décolleté plongeant.

    Lorsque son regard tombe sur Endo, c'est le coup de foudre immédiat, le bouleversement de sa vie. Elle ne voudra plus le quitter. Mais Endo, lui, ne veut pas de cet amour insensé.

    Puis septembre arrive, et avec la reprise des cours de Théâtre… le destin de Madeleine et Endo va se sceller définitivement, couronné par un road-movie inoubliable à travers le centre de la France dans une 304 Peugeot cabriolet...

     

    La Première page :

    Tout a commencé sur un quai de gare. Pourquoi... encore et toujours un quai de gare ?

    C'est pas croyable le nombre d'histoires qui peuvent commencer, et parfois finir, sur des quais de gare. Il faudrait pouvoir être sur tous les quais de toutes les gares du monde pour en mesurer l'exacte réalité. Lieu de départ et d'arrivée par excellence, mais aussi lieu de retrouvailles et de ruptures. En l'occurrence, lieu de rupture pour le héros de cette histoire.
    Notre héros s'appelle Endo Golski. Quel est ce prénom encore ? - comme ça ressemble à Enzo, ça pourrait être italien, mais ce n'est pas Enzo. Est-ce alors espagnol ? Pas vraiment. Ça pourrait être brésilien, ou éventuellement portugais... Non plus. Pas plus que japonais d'ailleurs. Quant au patronyme, ça semble russe, ou polonais, enfin bref un pays de l'Est, mais pas du tout frenchie en tout cas. Disons que ça ne ressemble à rien ; c'est Endo Golski. Point barre.
    L'important dans cette histoire c'est qu'elle a commencé sur un quai de gare, le jour où Endo a quitté - pour ne pas dire abandonné, et pour mieux dire largué - son adorable fiancée. Tout ça pour monter à Paris et devenir acteur de cinéma, rien que ça. Quelle est cette lubie encore ? Une lubie dévorante qui pourrait s'écrire avec un « r », un « e » sans oublier l'accent circonflexe, merci, un « v », et pour finir encore un « e », et ça se dirait « rêve ». Le rêve de faire du cinéma. Donc une lubie, c'est bien ce que je disais. Et ce n'est pas ses parents ni sa famille qui diront le contraire. Je ne parle même pas de la fiancée qui est restée sur le quai à regarder le train partir...
    Ainsi va la vie. Le train a commencé par partir d'un côté, pour finalement arriver de l'autre. Et de l'autre côté, c'est Paris. La ville des Lumières. La ville des « rêveurs fous » qui quittent tout, pour croire en leurs rêves. Des rêveurs comme Endo, ne sont-ils pas des milliers à vivre dans la ville des Lumières ? À croire, à espérer, à rêver. Combien sont-ils aussi comme Endo à se demander s'ils ne sont pas en train de passer à côté de leur vie ? À côté de la vie. À côté de vivre.

    Vivre, pour les Autres, et ne pas sombrer, pour les Uns.
    Ou pourquoi pas, tenter d'atteindre l'inaccessible étoile ?
    Il en faut du courage aux Uns pour suivre leur quête,
    Comme s'il en fallait tant et moins aux Autres pour l'offrir de leur vie.
    Inattendu retour des Uns annonçant l'inéluctable départ des Autres.

    Seulement voilà, la vie des Uns rencontre un jour la vie des Autres ; comme s'il fallait cette collision céleste du destin pour que l'obscurité des Uns se change tout à coup en lumière...
    Ou bien est-ce la flamme des Autres qui s'éteindrait pour raviver celles des Uns...? Comme si l'histoire des Uns prenait vie dans l'éclipse totale de celle des Autres...
    Non, les Autres sont ceux qui vivent l'histoire ; quant à celui qui la raconte, c'est Nicolas ; ou Gilles ; ou plutôt François et tous les Autres ; enfin bref, Jeff pour les intimes, c'est-à-dire moi-même, car comme le dit le proverbe, on n'est jamais mieux servi que par les autres....

    Rare et puissant, l'instinct de vie propulse les Êtres
    Être soi-même jusqu'à la fin dans l'éternité du désordre
    Voici l'histoire de l'Un
    Écrite pour que vive celle de l'Autre.

     

     
     
     

    Un extrait :

    L'air est bon et frais dans le petit port de la Bastille. J'y viens fréquemment, c'est un de mes lieux préférés de la capitale, surtout les nuits d'été.
    Mado est restée collée à mes basques, comme si elle craignait que je ne disparaisse encore dans la nature.
    C'est là, dans le jardin de l'arsenal, par une belle nuit étoilée, que nous élisons domicile, sous un arbre. On entend à peine le bruit de la circulation qui passe pourtant juste au-dessus de nos têtes, sur les pavés de la place de la Bastille.
    -    Tu dors souvent ici ? me demande Mado, allongée à mes côtés.
    -    Ouais.
    -    T'as pas d'maison alors ?
    -    Si.
    -    Ben alors ?
    -    Alors quoi ?
    -    Ben pourquoi tu rentres pas chez toi ?
    -    Trop chaud. J'étouffe dans ma cage.
    -    C'est donc si petit qu'ça chez toi ?
    -    Très petit, dis-je d'un ton sec.
    Sur ces mots, je réclame le silence, car je souhaite me reposer, et mieux encore : entendre le clapotis de l'eau contre la coque des bateaux du port, entendre glisser la brise tiède du soir sur l'arête de mon nez, entendre le bruissement du silence dans la voûte céleste de mes yeux clos... Mais surtout et par-dessus tout, ne plus entendre cette tyrannie de phrases qui mitraillent mon conduit auditif. Pas plus que les palpitations cardiaques qui dans ma poitrine battent à tout rompre sous l'effet des attaques de tachycardie. Tous ces tiraillements dont elle est la fâcheuse et désagréable responsable... Bref, je souhaite DORMIR. Voilà toute la volée de doléances que je m'empresse d'exposer au bourreau de ma tranquillité.
    -    Ne fais pas attention à moi, Endo. Dors. Je t'empêche pas, ose-t-elle me formuler.
    « Eh beh, c'est la meilleure de l'année celle-là, et elle a encore le culot de dire qu'elle m'empêche pas de dormir ! » pensé-je en redoublant de courage pour ne pas me lever et la jeter à l'eau.
    Une fois mon humeur passée, la nuit s'engage malgré tout dans une tournure favorable... La douceur ambiante gagne du terrain, mes paupières se font de plus en plus lourdes, mes cils commencent à papillonner, prémices d'un bonheur imminent : le sommeil s'apprête à descendre en moi.
    Lorsque brusquement, sans qu'aucun signe ni avant-coureur ni préparatoire à la prise de parole n'en vienne donner l'annonce, la voix pointue de Mado claque dans le silence de la nuit :
    -    C'est quoi le quartier où t'habites ?
    -    Point barre. Je dors, murmuré-je aussitôt.
    -    Je dirais... dit-elle en mimant une profonde réflexion, République. Non ?... Alors... Gambetta...
    -    Charles de Gaulle, grogné-je pour abréger le jeu de devinette.
    -    T'habites l'Étoile ?
    -    Avenue Kléber.
    -    Ouah, c'est chic là-bas !
    -    Tu parles d'un chic, 15 m2 juste sous la toiture, c'est du dernier cri, je marmonne en fermant les yeux.
    -    Tu habites dans une chambre de bonne ?
    -    Dixième étage et sans ascenseur.
    -    Ah oui, je reconnais que ça doit être dur.
    -    C'est pas dur, c'est haut.
    -    N'empêche que ça doit être beau la nuit les toits de Paris !
    -    Ouais bof. C'est comme tout, il arrive un moment où ça finit par gaver.
    -    T'aimes pas Paris ?
    -    Bof. Maintenant point barre, je voudrais dormir.
    Et je lui tourne le dos.
    -    Et si tu me parlais de toi...?
    -    J'aime pas ça.
    -    T'as honte ?
    J'ouvre doucement les yeux :
    -    Moi ? Honte ? Et de quoi qu'j'aurais honte ?
    -    J'sais pas moi. Un secret. Quelque chose d'enfoui...
    -    Te fatigue pas, j'ai rien d'enfoui. J'aime pas parler de moi, c'est tout. Et puis d'abord, je dors. Ou plutôt j'essaie de dormir, si tu vois ce que je veux dire...
    Elle se redresse, replie ses jambes et pose sa tête sur ses genoux en déclarant qu'il est en effet impossible de trouver le sommeil dans un endroit pareil.
    -    Oh rassure-toi, dis-je dans un soupir de lassitude, c'est pas l'endroit qui va pas...
    -    Tu sais quoi, à force de te regarder, j'ai deviné...
    -    Ah ouais ? deviné quoi encore ?
    -    Tes rêves...
    -    Mes rêves ??
    -    Oui, d'ailleurs t'as une tête à avoir des rêves plein la caboche. Je les repère de loin ces têtes-là, aussi facilement qu'une montgolfière dans le ciel, comme une montgolfière humaine...
    -    Une montgolfière humaine ?? qu'est-ce que c'est ces conneries encore ?
    -    J'appelle montgolfière humaine, ces hommes et ces femmes qui ont la caboche gonflée de rêves, comme dans une montgolfière, sauf que c'est pas de l'air chaud, c'est des rêves. Et ce sentiment, c'est vraiment trop beau. J'adore les montgolfières, c'est superbe, c'est léger, c'est libre, ça monte dans le ciel et ça plane à dix mille...
    -    Et parfois même, ça redescend, et ça s'est déjà vu que ça s'écrase au sol...
    Qu'est-ce qu'elle peut raconter comme âneries cette fille-là.
    -    Ça veut dire alors qu'elle avait perdu ses rêves. C'est pour ça qu'il ne faut jamais perdre ses rêves. Y a quelqu'un qui a dit un jour, me demande pas qui, j'en sais rien, j'me rappelle plus, ou enfin non, je crois plutôt que j'l'ai lu quelque part. Bref, ça disait ça : faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve. (1)
    Ça alors, là elle m'en bouche un sacré coin ! Je me redresse légèrement, en lui accordant un regard sincèrement étonné. Oui, étonné d'admiration pour cet instant de frêle poésie.
    -    Eh ben, t'en connais des belles choses, toi, quand tu veux. Bon ben sur ce, je t'annonce que je voudrais bien faire de beaux rêves justement... Traduction : je veux dormir.
    -    Oh non, tu ne vas pas déjà t'endormir... j'aurais tant aimé que tu me racontes tes rêves.
    -    Certainement pas ma poule. Ça, ça ne regarde que moi. De toute façon, y a rien de plus chiant et con que les rêves... Surtout les miens, car vois-tu, les miens me poursuivent sans arrêt. Pourtant y aurait de quoi vivre tranquillement dans un coin de campagne, mais non tu plaques tout et tu deviens con avec tes rêves dans la tête.
    -    C'est étrange ce que tu me dis là.
    -    Qu'est-ce que j'ai encore dit ?
    -    Eh bien ça, à t'entendre on dirait que tes rêves sont une souffrance... alors qu'en principe, ils embellissent la vie.
    -    T'as dit le mot : en principe. Bon, maintenant, point barre, laisse tranquille mes rêves, et cesse de blablater pour rien.
    -    Quoi donc ? tu n'aimes pas que je te tienne compagnie ?
    -    T'as le culot d'appeler ça de la compagnie ? Mais c'est pas de la compagnie, c'est une invasion !
    -    Ne dis pas ça, Endo. Je t'aime, voilà tout.
    -    Attention à toi, des nénettes qui me disent « je t'aime », j'en ai plus.
    -    Pour quelle raison ?
    -    Je les bousille.
    -    Pourquoi ?
    -    Pour être tranquille.
    -    C'est dommage, dit-elle avec une moue dubitative. Enfin, pour moi, ça ne change rien : tu es le rêve de ma vie...
    -    Voilà autr'chose, maintenant. Le rêve de ta vie. Ah on voit bien que tu sais pas dans quoi tu t'embarques ma cocotte.
    -    Pourquoi tu dis ça ? C'est si beau les rêves...
    -    Que tu crois. Un beau jour tu feras comme les copains, t'en reviendras de tes rêves, c'est moi qui te le dis.
    -    Pourquoi ? tu en es revenu toi ?
    -    Moi ? Même pas. Et pourtant, c'est pas faute d'avoir essayé. Bon écoute, je vais te dire un de mes rêves, mais après tu me fous la paix, compris ?...
    -    D'accord.
    -    Alors voilà, mon rêve le plus fou ça serait de pouvoir un jour rencontrer Marlon Brando ou Al Pacino, ou pourquoi pas les deux...
    -    Qui c'est ça ? me demande-t-elle l'air un peu bête.
    -    Quoi ? tu connais pas Brando ? ni Pacino ?
    -    Ben non.
    -    Bon allez, couche-toi, et dors.
    -    Mais j'ai pas envie de dormir, moi. Je suis trop bien sous cet arbre, le dos dans l'herbe et la tête dans les étoiles... Pas toi ?
    -    Et puis merde ! m'écrié-je en me redressant pour lui faire face. Point barre ! Tu vas disserter toute la nuit ou faut-il que je t'assomme ?
    -    Non, non... Je me calme Endo.
    Je me recouche en lui tournant le dos. « Tchao je dors ».
    -    Endo...
    -    Point barre.
    -    Endo...
    -    Quoi bordel !
    -    Juste une question. Comment fais-tu pour téléphoner sans carte ?
    -    Je m'assois. J'attends que ça sonne. Et quand ça sonne, je décroche.
    -    Je comprends rien.
    -    Y a pas le téléphone chez moi ; il est parti en vol plané du 10e étage. Les portables, non plus, je supporte pas ça de discutailler dans la rue au milieu des gens. C'est pour ça qu'ici quand ça sonne à deux heures du mat, c'est pour moi.
    -    J'avais encore jamais vu ça. Et c'est une femme qui t'appelle à cette heure-là ? C'est ça ?
    Silence. Pas de réponse.
    -    Une femme que tu as bousillée, c'est bien ça, n'est-ce pas ?
    D'une voix froide comme un pic à glace, je lui rétorque que si elle ose prononcer encore un seul mot, je la balance dans le canal.
    La menace est enfin prise en considération.
    -    Merci, non... Je dors, chuchote-t-elle entre deux bâillements.
    Je vais peut-être pouvoir enfin fermer l'œil.

    (1) Citation de Antoine de Saint-Exupéry, reprise dans le conte musical de Philippe Chatel « Emilie Jolie »