Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Sous le soleil blanc du silence »

Actuellement en phase de correction, mon nouveau roman va partir d’ici quelques semaines chez l’Éditeur.

530 pages d’aventures, de découvertes, d’Histoire, de voyage et de bonheurs brisés.

gata0.jpg1912-2012. Agua Amarga, Níjar, Almería et l’Andalousie, Buenos Aires, Lima, la traversée de l’océan puis de la Méditerranée, Mostaganem, puis Oran et Alger, et arrivée en France après l’exode de 62…

Rien ne manque il me semble… Ni les bombes ni les tremblements des cœurs.

 

 

Extrait, chapitre 8, « Pris dans la tourmente » :26902415633_e97c855fd2_b.jpg

     26 août 1915, nous longeons Montevideo et entrons dans l’estuaire de Río de la Plata. Première partie du périple achevée. Mon choc à l’épaule heureusement sans gravité n’est plus qu’un mauvais souvenir. Contrairement à ce que je craignais, je me suis bien remis de cette blessure. Nous nous rendons immédiatement au ravitaillement du gasoil, puis nous amarrons au quai de Puerto Madero en fin d’après-midi sous un ciel gris et couvert. On s’engouffre dans nos vestes, casquettes vissées sur la tête, et nous partons vers les hôtels situés près du port où nous avons nos habitudes, pour y chercher une ou deux chambres. Nombre d’entre eux sont déjà complets, mais nous trouvons notre bonheur, calle Suarez, près de la Plaza Solís, dans le quartier La Boca.

     À la nuit tombée, nous partons pour le quartier San Telmo. José connaît le bar où d’après lui nous trouverons Luís.

     C’est une rue étroite plutôt minable. Pas étonnant, c’est souvent dans les quartiers pauvres des villes que l’on trouve des filles de joie. Jaime et Carlos marchent derrière nous, silencieusement. Je leur ai demandé de nous accompagner au cas où les choses viendraient à mal tourner. Je m’attends à tout avec mon fils, cette tête de mule.

     Nous pénétrons dans l’établissement glauque et enfumé. José nous conduit vers les sous-sols où se produisent les danseurs de tango. Toutes les tables sont occupées. Ça me paraît incroyable de voir tant de monde dans ce taudis de la débauche. Et dire que mon fils se complaît dans un endroit pareil. J’en ai le cœur retourné.

04_cabaret.jpg     Sur la scène faiblement éclairée par une lumière rouge, les danseurs se succèdent à une cadence infernale. José me fait signe qu’il ne voit pas la fille ; pas plus que Luís. Les heures passent, dans le bruit, les cris, la musique lancinante et assourdissante, et toujours pas de Luís. José questionne les serveurs, mais il revient sans la moindre information. Puis il se dirige vers la scène où il interroge un couple de danseurs qui vient d’achever leurs singeries choquantes et malsaines.

     — Tu as pu savoir quelque chose ? je lui demande lorsqu’il revient près du comptoir où je suis accoudé avec Jaime et Carlos.

     — Filons, ils ne viendront pas ce soir, dit-il en me tirant par la manche.

     — Où vas-tu ?

     — Je sais où on peut les trouver. J’ai l’adresse où elle habite.

 

Écrire un commentaire

Optionnel